En 2024, la grille indiciaire des agents de service hospitaliers (ASH) en EHPAD a connu une revalorisation modérée, mais reste inférieure à celle des aides-soignants. Une transition vers le métier d’aide-soignant est possible après une VAE ou une formation, souvent perçue comme un levier d’évolution salariale. Pourtant, les écarts de rémunération réels entre ces deux postes, une fois les primes et indemnités prises en compte, sont moins importants que ce que laissent entendre certaines communications institutionnelles. Les perspectives d’augmentation pour 2026 sont déjà cadrées par des négociations syndicales, sans avancée spectaculaire annoncée à ce jour.
Salaires, primes et perspectives : ce que gagnent vraiment les ASH et aides-soignants en EHPAD en 2024 et 2026
La réalité du salaire brut mensuel pour un agent de service hospitalier (ASH) en EHPAD en 2024, c’est une paie qui flirte avec le Smic, environ 1767 euros, à l’échelon de base. La progression salariale, elle, se fait à petits pas, conditionnée par l’ancienneté et la grille indiciaire propre à la fonction hospitalière publique. Côté primes, il faut composer avec des disparités entre le secteur public et le privé : indemnité de sujétion, prime Ségur de 183 euros bruts mensuels, et diverses primes ponctuelles qui, mises bout à bout, gonflent un peu le revenu mais sans bouleverser la donne. Après déduction des charges sociales, le salaire net reste contenu, sans surprise.
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La bascule vers le poste d’aide-soignant amène une revalorisation : en début de parcours dans le secteur public, le salaire brut grimpe à 1885 euros, hors primes. La dynamique de carrière s’accélère légèrement, avec des hausses plus marquées à chaque avancement d’échelon. Les aides-soignants profitent aussi de la prime Ségur, mais également d’indemnités liées aux nuits travaillées, aux dimanches et jours fériés. En secteur privé, la rémunération reste proche, mais varie selon la convention collective en vigueur et des ajustements locaux, notamment en Île-de-France.
Pour les années à venir, pas de révolution en vue : les discussions syndicales ont certes ouvert la porte à des revalorisations progressives, mais sans promesse d’augmentation marquante. Les primes restent un atout, mais ne suffisent pas à compenser l’intensité du travail ni la pénibilité reconnue du secteur.
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| Fonction | Salaire brut mensuel (2024) | Primes principales |
|---|---|---|
| ASH | 1767 € | Prime Ségur, sujétion |
| Aide-soignant | 1885 € | Prime Ségur, nuit, dimanche/jour férié |
La progression d’un agent de service ou d’une soignante se joue donc autant sur la fonction exercée que sur le secteur (public ou privé), la localisation, et l’expérience accumulée au fil du temps.

Évolution de carrière : passer d’ASH à aide-soignant, un choix avantageux sur le long terme ?
Pour beaucoup, le métier d’agent de service hospitalier marque l’entrée dans le secteur médico-social. L’engagement quotidien autour de l’hygiène et du bien-être des résidents prépare à une évolution professionnelle vers le métier d’aide-soignant. Ce changement, loin de se limiter à une simple hausse de salaire, implique une transformation du quotidien et un nouveau niveau de responsabilités.
La formation d’aide-soignant s’adresse aux ASH justifiant d’au moins trois ans d’expérience dans la fonction hospitalière, publique ou privée. Grâce à la VAE (validation des acquis de l’expérience), il devient possible d’accéder à la formation sans passer par le concours classique, raccourcissant ainsi le parcours. Cette formation, généralement étalée sur dix à douze mois et souvent en alternance, permet de sécuriser les revenus pendant la transition : la rémunération formation RFF ou le maintien du salaire d’ASH, selon le statut, garantissent une certaine stabilité pendant cette période charnière.
Une fois titularisé, le passage à la classe normale d’aide-soignant s’accompagne d’un écart de salaire brut mensuel d’une centaine d’euros par rapport au poste d’ASH, sans compter les primes et indemnités (forfaitaires, prime Ségur, majorations pour travail de nuit ou le week-end). La grille indiciaire du public offre, sur plusieurs années, la possibilité d’accéder à la classe supérieure et de voir sa rémunération évoluer de façon plus dynamique.
Dans le secteur privé, la progression dépend beaucoup de la convention collective appliquée et de l’ancienneté. Les grandes villes comme Marseille, Paris ou Lyon affichent parfois des écarts sensibles, liés tant au coût de la vie qu’aux politiques de recrutement locales. Le recours à l’intérim dans le secteur médico-social permet une certaine flexibilité, mais apporte moins de stabilité sur la durée.
Voici les aspects à avoir en tête pour qui envisage de franchir le pas :
- Évolution vers aide-soignant : accès facilité par la VAE ou la formation continue
- Salaire et primes : progression réelle, complétée par les indemnités spécifiques
- Carrière : ouverture vers la classe supérieure et mobilité dans le secteur médico-social
Au bout du compte, opter pour l’évolution vers aide-soignant, c’est miser sur une montée en compétences, un meilleur revenu et des perspectives qui s’élargissent. Mais c’est aussi accepter un engagement quotidien qui, malgré les avancées salariales, reste exigeant. La question n’est donc pas seulement de savoir combien l’on gagne, mais jusqu’où l’on veut aller.

