AGGIR définition : guide pratique pour aidants familiaux en 2026

La grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources) est l’outil réglementaire qui mesure la perte d’autonomie d’une personne âgée en France. Elle attribue un classement de GIR 1 (dépendance totale) à GIR 6 (autonomie conservée), et ce classement conditionne l’accès à l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA). Pour un aidant familial, savoir lire cette grille permet de préparer concrètement la visite d’évaluation et d’anticiper les droits de son proche.

Cerfa AGGIR 2026 : le document que l’évaluateur utilise réellement

Peu de guides mentionnent le support administratif concret. Le formulaire officiel de la grille AGGIR porte la référence Cerfa n°11510*01, et sa version la plus récente est datée de janvier 2026. Vérifier cette mention sur le document remis par l’équipe médico-sociale permet de s’assurer que l’évaluation repose sur la dernière mouture du formulaire.

Ce Cerfa est téléchargeable gratuitement sur service-public.fr (fiche F1229) et sur le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr. Un aidant peut donc le consulter avant la visite, repérer chaque item évalué, et noter ses propres observations pour les transmettre à l’évaluateur le jour J.

Autre évolution administrative à connaître : un formulaire unique remplace désormais plusieurs dossiers distincts pour demander les aides liées à la perte d’autonomie, dont l’APA. La charge administrative pour les familles s’en trouve réduite de façon tangible.

Cotation A, B, C : la logique de notation de la grille AGGIR

La grille repose sur 17 variables, dont 10 dites discriminantes. Ce sont ces 10 variables qui déterminent le GIR. Chaque variable reçoit une cotation selon trois modalités :

  • A : la personne accomplit l’acte seule, spontanément, totalement et correctement.
  • B : elle l’accomplit partiellement, ou de manière incorrecte, ou non spontanément. L’aide d’un tiers est nécessaire pour une partie de l’activité.
  • C : la personne ne réalise pas l’acte du tout. Un tiers doit intervenir entièrement.

La combinaison des cotations sur les 10 variables discriminantes alimente un algorithme qui produit le classement GIR. Un seul « C » sur la cohérence ou l’orientation pèse lourd dans le résultat final, parfois plus qu’une difficulté physique cotée « B ».

Professionnelle de santé évaluant l'autonomie d'une personne âgée avec la grille AGGIR

Variables discriminantes AGGIR : les 10 critères qui fixent le GIR

Les 10 variables discriminantes couvrent deux registres. Le registre cognitif comprend la cohérence (capacité à converser et se comporter de façon logique) et l’orientation (se repérer dans le temps et l’espace). Le registre physique regroupe la toilette, l’habillage, l’alimentation, l’élimination, les transferts (se lever, s’asseoir), les déplacements à l’intérieur, les déplacements à l’extérieur et la communication à distance (téléphone, alarme).

Sept variables supplémentaires, dites illustratives, portent sur la gestion du budget, la cuisine, le ménage, les transports, les achats, le suivi du traitement médical et les activités de temps libre. Ces variables illustratives ne modifient pas le GIR, mais elles alimentent le plan d’aide APA en précisant les besoins concrets de la personne.

Cette distinction est souvent mal comprise par les familles. Un proche peut avoir un GIR 4 (dépendance partielle) tout en étant coté « C » sur la gestion du budget et la cuisine. Le plan d’aide tiendra compte de ces difficultés domestiques, même si elles n’ont pas changé le niveau de GIR.

Classement GIR et accès à l’APA en 2026

Seuls les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l’APA. Les GIR 5 et 6 n’y sont pas éligibles, même si la personne rencontre des difficultés ponctuelles.

GIR Profil type Accès APA
GIR 1 Dépendance totale, fonctions mentales et corporelles gravement altérées Oui
GIR 2 Dépendance sévère, fonctions mentales OU corporelles très altérées Oui
GIR 3 Autonomie mentale conservée, dépendance corporelle partielle quotidienne Oui
GIR 4 Aide nécessaire pour les transferts, les repas ou la toilette, mais déplacements possibles Oui
GIR 5 Aide ponctuelle (ménage, courses, repas) Non
GIR 6 Autonomie conservée pour les actes courants Non

L’APA n’est pas soumise à condition de ressources pour l’éligibilité. Les revenus du bénéficiaire déterminent uniquement le reste à charge, pas le droit à l’allocation.

Préparer la visite d’évaluation AGGIR à domicile

L’évaluation est réalisée par un membre de l’équipe médico-sociale du conseil départemental, souvent un infirmier ou un médecin. La visite dure en général entre 45 minutes et une heure. L’aidant familial peut (et devrait) y assister.

Le piège fréquent : la personne évaluée fournit un effort inhabituel le jour de la visite, par fierté ou par anxiété, et donne une image faussement favorable de son autonomie. Un GIR sous-évalué limite le plan d’aide et le montant de l’APA.

  • Préparer un carnet de bord des deux à trois semaines précédant la visite, en notant chaque situation où un tiers a dû intervenir (toilette, repas, déplacements, gestion des médicaments).
  • Rassembler les ordonnances et courriers médicaux récents, qui objectivent les pathologies sous-jacentes.
  • Signaler explicitement les troubles cognitifs intermittents (désorientation nocturne, oublis de repas), car ils passent facilement inaperçus lors d’une visite ponctuelle.
  • Demander au médecin traitant un certificat médical détaillé, qui décrit les limitations fonctionnelles au quotidien.

Si le GIR attribué ne correspond pas à la réalité observée, une demande de réévaluation peut être adressée au conseil départemental à tout moment, sans délai minimum entre deux évaluations. Une évolution de l’état de santé (chute, hospitalisation, diagnostic de trouble neurocognitif) constitue un motif recevable.

Aidant familial observant un senior effectuer une tâche quotidienne dans le cadre de l'évaluation AGGIR

Le classement GIR n’est pas figé. L’autonomie d’une personne âgée fluctue, parfois rapidement après un événement de santé. Un aidant qui connaît la mécanique de la grille AGGIR, ses variables discriminantes et la logique de cotation A, B, C dispose d’un levier concret pour que le plan d’aide reflète les besoins réels de son proche, pas une photographie trompeuse prise un bon jour.

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