Mon Proxima est une brique de consultation adossée au logiciel Proxima, pas un portail familial au sens classique. La distinction conditionne tout ce qui suit : les familles n’accèdent qu’à une vue filtrée de la mesure de protection, calibrée par le mandataire judiciaire (MJPM). Comprendre ce périmètre technique évite les malentendus sur ce que l’on peut réellement partager, et surtout sur ce qu’il vaut mieux ne pas rendre visible.
Granularité des droits de consultation sur Mon Proxima
Le modèle de permissions de Mon Proxima repose sur le paramétrage côté Proxima. Le mandataire décide, mesure par mesure, quels documents et quelles rubriques sont exposés dans l’interface web. Ce n’est pas un accès binaire « tout ou rien » : chaque rubrique peut être activée ou masquée indépendamment.
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En pratique, cela signifie qu’un proche autorisé peut voir les comptes bancaires sans accéder aux courriers médicaux, ou consulter le calendrier des échéances judiciaires sans visualiser le détail des dépenses courantes. Le pilotage reste entre les mains du professionnel.
Nous recommandons aux familles de demander explicitement au mandataire la liste des rubriques ouvertes à leur profil. Cette transparence sur le périmètre de consultation pose un cadre clair et évite les frustrations liées à des attentes mal calibrées.
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Ce que la famille voit, ce que le mandataire garde
La GED intégrée à Proxima classe automatiquement les pièces (factures, relevés, courriers administratifs). Sur Mon Proxima, seuls les documents tagués « consultables » par le mandataire apparaissent. Un document supprimé du périmètre de partage disparaît immédiatement de la vue famille.
Ce fonctionnement protège les informations sensibles (expertises psychiatriques, rapports sociaux confidentiels, échanges avec le juge des tutelles) tout en laissant une visibilité suffisante sur la gestion courante.

Mon Proxima pour les familles : partager un suivi sans créer de surveillance
L’accès numérique à distance répond à un besoin réel des familles géographiquement dispersées. Consulter un relevé de comptes ou vérifier qu’une facture a été réglée sans multiplier les appels au mandataire représente un gain concret.
Le risque apparaît quand la consultation devient un réflexe de contrôle quotidien. Un proche qui vérifie chaque mouvement bancaire chaque jour ne fait plus du suivi familial : il reproduit, à distance, une forme de surveillance que la mesure de protection est censée rendre inutile.
Pour éviter cette dérive, plusieurs garde-fous méritent d’être posés dès l’activation de l’accès :
- Définir avec le mandataire une fréquence de consultation raisonnable (hebdomadaire ou bimensuelle plutôt que quotidienne) et s’y tenir
- Limiter le nombre de proches disposant d’un accès actif, pour éviter les lectures contradictoires d’un même document entre membres de la famille
- Convenir d’un canal unique (messagerie sécurisée de la plateforme ou rendez-vous téléphonique programmé) pour poser des questions au mandataire, plutôt que de réagir à chaud sur chaque ligne de dépense
La logique de Mon Proxima valorise l’autonomie du majeur protégé. L’outil a été conçu pour que la personne sous protection puisse elle-même consulter sa situation. Le proche est un lecteur secondaire, pas un co-gestionnaire.
Le piège de la co-gestion implicite
Certaines familles interprètent l’accès Mon Proxima comme un droit de regard opérationnel sur les décisions du mandataire. Ce n’est pas le cas. Le MJPM reste le seul décisionnaire dans le cadre fixé par le juge des tutelles.
Un accès en consultation ne confère aucun pouvoir de validation ou de blocage sur une dépense. Si un proche conteste une décision, la voie reste judiciaire (requête au juge). Mon Proxima ne modifie en rien ce circuit légal.
Limites techniques et pratiques de la plateforme pour un usage familial
Mon Proxima est une application web accessible depuis un navigateur, pas une application native téléchargeable sur les stores. Ce choix technique simplifie les mises à jour mais suppose une connexion internet stable et un navigateur à jour.
Pour les familles dont un membre âgé souhaite consulter lui-même ses informations, l’absence d’application dédiée peut compliquer l’usage sur tablette ou smartphone. L’interface n’est pas conçue comme un portail patient grand public avec notifications push ou alertes automatiques.
- Pas de notification en temps réel lors de l’ajout d’un nouveau document par le mandataire
- Pas de messagerie instantanée intégrée (les échanges passent par le canal classique avec le MJPM)
- Pas de fonctionnalité de signature électronique pour les documents nécessitant un accord familial
- L’hébergement des données en France constitue un point de conformité, mais la plateforme ne détaille pas publiquement sa certification de sécurité
Ces limites ne remettent pas en cause l’utilité de l’outil. Elles recadrent les attentes : Mon Proxima sert à consulter un état de situation, pas à piloter une mesure de protection en temps réel.

Configurer l’accès famille sur Mon Proxima : ce qui dépend du mandataire
L’activation d’un accès pour un proche ne se fait pas en libre-service. C’est le mandataire qui crée le compte et définit le périmètre de consultation depuis le logiciel Proxima. La famille ne peut ni s’inscrire seule, ni modifier ses propres droits.
Ce fonctionnement centralisé est cohérent avec le cadre juridique de la protection des majeurs. Le mandataire répond de la gestion devant le juge, pas devant la famille. L’accès Mon Proxima est une facilité accordée, pas un droit automatique.
Demander un accès : la bonne approche
Nous observons que les demandes les mieux reçues par les mandataires sont celles qui précisent un objectif concret. « Je souhaite consulter les relevés de comptes mensuels pour préparer la visite chez le juge » obtient une réponse plus favorable qu’une demande générique de « tout voir ».
Le mandataire peut aussi révoquer un accès à tout moment, notamment si la consultation génère des tensions familiales ou des sollicitations excessives. Ce pouvoir de révocation fait partie du dispositif de confiance.
Mon Proxima remplit son rôle quand chaque partie accepte la dissymétrie d’accès : le mandataire administre, le majeur protégé consulte en priorité, la famille dispose d’une fenêtre calibrée. Un accès limité mais stable vaut mieux qu’un accès large source de conflits. Le suivi familial gagne en qualité ce qu’il perd en exhaustivité.

